Le cinéma s'empare du calvaire de la première année — Médecine

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Dabord, ce fameux couperet du concours sanctionnant la PACES — première année commune aux études de santé — mais aussi lincontournable question de linégalité profonde face aux études supérieures.

Denis Manin  31 Juin Films
Denis Manin 31 Juin Films

Qui de mieux placé que le réalisateur Thomas Lilti pour nous raconter une histoire centrée sur le monde de la médecine? "Après avoir plongé les spectateurs dans la vie d'un jeune interne en médecine, le réalisateur lève aujourd'hui le voile, avec " Première année ", sur la difficulté des études et le parcours semé d'embuches des aspirants médecins". Plusieurs dizaines de milliers de candidats chaque année s'épuisent afin d'atteindre le Graal: être parmi le numerus clausus, le nombre d'étudiants qui auront le droit, la chance, l'opportunité (rayez les mentions inutiles) d'entrer en médecine. Ensemble, ils vont se serrer les coudes, entre journées de cours intensives, nuits blanches de révisions et environnement compétitif. Tout cela sert de décor à une histoire d'amitié entre le laborieux Antoine (Vincent Lacoste) qui entame sa première année pour la troisième fois, et Benjamin (William Lebghil), plus désinvolte mais qui montre très vite des facilités à comprendre le système: apprendre sans forcément comprendre. En 2014 pour son deuxième long métrage, il avait raconté dans Hippocrate (avec Vincent Lacoste et Reda Kateb) le quotidien d'un hôpital et des médecins, puis, moins de deux ans plus tard, celui d'un médecin de campagne, avec François Cluzet (Médecin de campagne). Ce qui intéressait Thomas Lilti ici réside dans la jeunesse et la façon dont le système ne fait rien pour les aider et les mettre en valeur. À cet égard, le film, éloquent et haletant, restitue parfaitement la violence et l'épreuve que représentent ces grands concours. Cette première année de médecine, complètement folle où on ne vit plus que pour quelques heures dans un centre d'examen, je l'ai vécue. Un moyen de parler de cette "hyper compétition" dans laquelle notre époque nous oblige à vivre.

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