Macron annonce la création d'un "revenu universel d'activité" [direct vidéo — Plan pauvreté

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Aussi a-t-il annoncé une "loi en 2020" visant à créer "un revenu universel d'activité" qui fusionnerait plusieurs prestations sociales pour "garantir un seuil minimal de dignité" à tous, lors de la présentation du plan pauvreté.

Regrettant qu' "aujourd'hui, 5% des enfants de quartier défavorisé sont gardés en crèche, contre 22% des enfants de quartier aisé", le chef de l'Etat annonce "les communes les plus pauvres vont être aider à construire des crèches, en limitant à 10% du prix de construction ce qu'elles doivent payer ". "Je souhaite créer par une loi en 2020 un revenu universel d'activité qui fusionne le plus grand nombre possible de prestations et dont l'État sera entièrement responsable ", a-t-il déclaré, précisant que ce revenu serait soumis à " des droits et des devoirs supplémentaires ".

"Ne l'appelez pas RUA". Fidèle à son ambition de mettre fin aux "assignations à résidence", le chef de l'Etat a dénoncé les "déterminismes" qui selon lui détruisent "les talents, les ambitions, les rêves". "On touche un revenu, chaque mot a un sens".

"Activité, car il s'agit de permettre le retour à l'emploi".

"Par une loi en 2020, nous allons créer un revenu universel d'activité pour permettre à chacun de vivre décemment. Cela revient à se satisfaire de reléguer à vie des gens dans la pauvreté". En contrepartie d'un "droit à être aidé et accompagné (.), nous veillerons à ce que les devoirs soient respectés" par les bénéficiaires, a promis Emmanuel Macron. "Il est inacceptable que certains qui peuvent reprendre un emploi ne le fassent pas".

Emmanuel Macron a dévoilé ce jeudi le plan pauvreté du gouvernement.

10 h 50: "Faire plus pour ceux qui ont moins " est le slogan qui s'affiche devant l'estrade du Musée de l'Homme à Paris où le président a commencé à s'exprimer.

L'annonce faite par Emmanuel Macron a fait l'effet du bombe.

Soucieux de combattre l'image de "président des riches" que lui colle l'opposition, Emmanuel Macron avait passé cinq heures lundi dans un centre d'ATD Quart Monde pour échanger avec des personnes touchées par la grande pauvreté, une rencontre qui devrait "nourrir les mots de son discours", ont expliqué ses conseillers. Le coût de ce plan est estimé à huit milliards d'euros, répartis sur quatre ans, assure le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, dans une interview à 20 Minutes.

"L'accès à la cantine sera rendu plus universel en développant les repas à un euro", a précisé Emmanuel Macron. Des moyens supplémentaires seront attribués aux missions locales pour qu'elles repèrent les décrocheurs du système scolaire et leur proposent des formations.

La " garantie jeunes " (l'accompagnement vers l'emploi pour les 16-25 ans) sera également étendue à 500000 personnes avant la fin du quinquennat, contre 100000 actuellement.

L'Etat veut par ailleurs trouver des solutions avec les départements pour prolonger le suivi des enfants de l'Aide sociale à l'enfance.

Outre ce pilier "insertion", Emmanuel Macron a présenté un autre ensemble de mesures, destinées à prévenir la pauvreté dès le plus jeune âge.

Pour faciliter l'accès aux soins des plus vulnérables, l'aide au paiement d'une complémentaire santé (ACS) sera intégrée à la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) avec une participation financière inférieure à 1 euro par jour. Les expérimentations évaluées positivement pour les personnes les plus fragiles seront déployées: "Territoires zéro chômeur de longues durée", Convergence, Tapaj (travail alternatif payé à la journée) et SÈVE (médiation active vers l'emploi). L'idée est d'étendre tous ces dispositifs à 100000 bénéficiaires supplémentaires d'ici 2022 (contre 140000 aujourd'hui). Emmanuel Macron, qui s'était emporté en juin contre +le pognon de dingue+ que représentent les aides sociales, a en outre appelé à "repenser les minima sociaux", un véritable "maquis" selon lui.

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