L'extrême droite en embuscade — Législatives en Suède

Share

Près de 7,5 millions d'électeurs sont appelés à s'exprimer ce dimanche en Suède dans le cadre des élections législatives Ce scrutin devrait signer la fin de la domination des partis majoritaires au profit de l'extrême droite.

Alors que le Premier ministre social-démocrate Stefan Löfven présentait ces législatives comme un "référendum pour l'Etat-providence", l'extrême droite en avait fait un plébiscite contre sa politique migratoire.

Il a été sanctionné pour sa politique migratoire qui a vu l'arrivée en 2015 de 160'000 demandeurs d'asile, un record en Europe rapporté au nombre d'habitants.

En septembre 2015, il justifiait l'ouverture aux réfugiés de Syrie, d'Irak ou d'Afghanistan au nom d'"une Europe qui n'édifie pas de murs". Ce sont dans tous les cas de longues semaines, voire des mois, de négociations qui se profilent pour essayer de bâtir un gouvernement. Déjà, les Démocrates de Suède (SD), un parti d'extrême-droite anti-immigration, est crédité de plus de 20% des voix.

En progrès de cinq points par rapport aux dernières législatives, la formation d'extrême droite de Jimmie Åkesson se place donc en arbitre entre les deux blocs. Un scrutin qui a débouché sur un résultat incertain, puisque les deux grands blocs politiques suédois - le bloc "rouge-vert" et l'opposition "bourgeoise" (du centre et de la droite) - ont réalisé presque le même score.

Les bureaux de vote ont ouvert à 08H00 (06H00 GMT). A Rinkeby, une banlieue défavorisée de Stockholm, Hassan Abdullahi a exercé son droit de vote. "Alors je vais voir les gens, je leur demande s'ils ont la nationalité suédoise et si oui je leur dis que c'est important d'aller voter", a-t-elle expliqué à l'AFP.

Le leader des Démocrates suédois Jimmy Akesson a précisé que son parti chercherait à forcer la totalité de la politique suédoise à virer à droite en jouant le "faiseur de rois " dans cette crise politique.

" Une voix pour SD ne sert à rien". Ils perdent 3,5 points en quatre ans, atteignant 19,8% des voix.

" Quel que soit le résultat de la confrontation dramatique entre les blocs, la Suède aura du mal à se trouver un gouvernement qui puisse bien fonctionner", s'inquiétait lundi le quotidien de référence Dagens Nyheter.

Cette élection a signé " l'enterrement de la politique de blocs ", a ajouté le chef de gouvernement, rappelant les partis de centre-droit à leur " responsabilité morale ".

Et ses chances de reformer une coalition - de toute façon minoritaire - pourraient être compromises malgré la poussée du Parti de gauche qui le soutient au parlement, si son partenaire écologiste au gouvernement passait sous le seuil des 4% requis pour envoyer des députés sur les bancs du Riksdag, le parlement suédois. Mais sa progression dans les urnes empêche les sociaux démocrates au pouvoir et l'opposition de droite d'obtenir une majorité claire.

Le porte-parole de l'UE, Margaritis Schinas, s'est dit confiant dans le fait que le prochain gouvernement "continuera à travailler dans l'esprit du fort engagement de la Suède à l'Union européenne".

Et les lignes de fractures sont également nettes au sein du parti conservateur, dont sept sympathisants sur dix ne veulent pas entendre parler d'une main tendue à l'extrême droite.

Share