Une "taxe halal" pour financer l'islam — France

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Autre proposition du rapport: "relancer l'apprentissage de la langue arabe" à l'école.

Un rapport sénatorial sur "l'organisation, la place et le financement de l'islam en France et de ses lieux de culte" soulignait en 2016 la difficulté à mettre en place une telle taxe. Un nouveau rapport de l'Institut Montaigne vient de remettre cette idée sur la table. Première étape pour le groupe de réflexion: créer une Association musulmane pour l'islam de France (Amif).

Il a rappelé que les grandes fédérations de mosquées, dont celles animant le CFCM, avaient annoncé en juillet un projet d'Association pour le financement et le soutien du culte musulman (AFSCM).

Une taxe sur les produits halal en France avait déjà été envisagée dans les années 1990 par l'ancien Premier ministre Charles Pasqua et elle a été régulièrement évoquée depuis. Sur Europe 1 ce lundi matin, Hakim El Karoui a estimé qu'il ne s'agirait pas d'"une taxe au sens d'un impôt de l'Etat", mais une taxe organisée "par la communauté musulmane, pour la communauté musulmane", inspirée de la "taxe de cacherout" de la communauté juive.

"Les musulmans se sont enrichis, contrairement à ce qu'on croit et ils pratiquent (...) Il y a donc de plus en plus d'argent lié à la consommation: le pèlerinage, le halal, le don ", soutient l'auteur du rapport, un ancien banquier.

A l'image du dispositif "Prevent" ("Prévenir"-NDLR) mis en place par les Britanniques, la France doit se doter de moyens et de réseaux importants pour diffuser ce contre-discours, estime Hakim El Karoui".

Invité de RTL dimanche, Hakim El Karoui, qui a écrit le rapport, détaille: "L'idée c'est de créer une organisation neutre, indépendante des pays d'origine, indépendante de ceux qui tiennent aujourd'hui les mosquées, pour prélever une toute petite somme d'argent sur chaque acte de consommation et réinvestir cette somme d'argent dans le travail théologique, parce que c'est la mère de toutes les batailles". "Le nombre d'élèves qui apprennent l'arabe au collège et au lycée a été divisé par deux". Les salafistes - branche rigoriste de l'islam - "gagnent du terrain à l'intérieur de la communauté", surtout chez "les jeunes moins de 35 ans". "Il y a à peu près 800.000 à un million de personnes qui suivent un discours religieux (.) produit par les salafistes", a-t-il affirmé sur Europe 1, disant s'appuyer sur une étude d'un institut de sondage.

Le rapport va arriver sur la table d'Emmanuel Macron.

La quasi-totalité des réponses sur Internet aux questions religieuses est fournie par des prédicateurs proches des salafistes, s'inquiète Karim El Karoui, qui pointe aussi le développement de sites communautaires, d'hébergement ou de covoiturage "halal".

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