Les États-Unis menacent les juges de la Cour pénale internationale

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" Inefficace, irresponsable et carrément dangereuse ".

Les Etats-Unis ont mené lundi une attaque sans précédent contre la Cour pénale internationale (CPI) et menacé ses juges et procureurs de sanctions s'ils s'en prenaient à des Américains ou à Israël. L'ancien ambassadeur auprès des Nations unies a détaillé les mesures de rétorsion envisagées à l'encontre des magistrats.

Les États-Unis n'ont pas ratifié le traité de Rome qui a établi la CPI en 2002.

"A tout moment, la CPI pourrait annoncer l'ouverture d'une enquête formelle contre ces patriotes américains", a expliqué John Bolton. Il a également évoqué des risques de sanctions contre les avoirs de la CPI dans le système financier américain ou encore la possibilité d'interdire aux membres de la Cour l'entrée aux États-Unis.

Un des volets de cette enquête demandée le 20 novembre 2017 par Fatou Bensouda, procureur de la Cour pénale internationale, concernait notamment le comportement des forces armées américaines et des membres de la CIA suspectés d'avoir pratiqué la torture, usé de mauvais traitements, attenté à la dignité, eu recours au viol et aux violences sexuelles contre des détenus emprisonnés durant le conflit, particulièrement en 2003 et 2004. "Aujourd'hui, à la veille du 11 Septembre " et de l'anniversaire des attentats de 2001 qui avaient déclenché l'opération en Afghanistan, "je veux adresser un message clair et sans ambiguïté de la part du président des États-Unis: les États-Unis utiliseront tous les moyens nécessaires pour protéger nos concitoyens et ceux de nos alliés de poursuites injustes de la part de cette cour illégitime", a-t-il martelé.

Et ce n'est pas tout, aux pays qui essayeront d'assister la CPI de quelque manière que ce soit dans ses enquêtes contre les États-Unis, John Bolton prévient: "Nous ferons la même chose pour tout entreprise ou État qui assiste une enquête de la CPI sur les États-Unis et nous prendrons note si des pays coopèrent avec les enquêtes de la CPI sur les États-Unis et leurs alliés".

" Nous n'allons pas coopérer avec la CPI, nous n'allons pas lui fournir d'assistance, nous n'allons pas y adhérer. Nous allons laisser la CPI mourir de sa belle mort", car "pour nous, la CPI est déjà morte ", a-t-il insisté.

"L'attaque du " faucon " de Donald Trump a été vivement critiquée par l'Union américaine pour les libertés civiles, qui a estimé qu'elle allait " seulement isoler encore davantage les Etats-Unis de ses plus proches alliés et conforter les criminels de guerre et les régimes autoritaires qui tentent d'échapper à la justice internationale ".

Les relations entre Washington et la juridiction qui siège à La Haye, aux Pays-Bas, ont toujours été tumultueuses.

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