Suède: Les sociaux-démocrates largement en tête aux législatives

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Au même moment, dans le sud de la Suèdel'extrême droite a ses bastions, le président des "Sverigedemokraterna", Jimmie Åkesson, évoquait l'hypothèse de "devenir le premier parti du pays".

Le chef du gouvernement est traditionnellement le dirigeant du parti ayant obtenu le plus grand nombre de voix.

Selon ces toutes premières tendances à confirmer, les deux blocs politiques - le bloc "rouge-vert" sortant et l'opposition "bourgeoise" (du centre et de la droite) - se retrouveraient presque à égalité: 39,4 % pour la gauche et 39,6 % pour la droite (qui se nomme L'Alliance).

La veille du scrutin, Stefan Löfven avait fustigé "les forces haineuses", tandis que le patron des conservateurs, Ulf Kristersson, avait appelé à "isoler les forces" du "repli". Le parti anti-immigration des Démocrates de Suède serait crédité de 16,3% des suffrages (3,4 points de plus). "Il est donc naturel de lancer une collaboration entre les blocs", a déclaré devant ses partisans le Premier ministre sortant Stefan Löfven.

"Nous sommes les grands gagnants de cette élection (.)".

"Je suis prêt à parler, à coopérer, à négocier avec tous les partis, mais je veux surtout inviter Ulf Kristersson à négocier", a-t-il ajouté. Les Démocrates de Suède (SD) étaient crédités, avant le vote, d'environ 20% des suffrages, en hausse de sept points depuis les législatives de 2014.

L'opposition est déterminée à déloger les sociaux-démocrates, quitte, souhaiteraient certains, à dynamiter le cordon sanitaire qui, jusqu'ici, tient les Démocrates de Suède à distance d'une influence politique directe. Ils ont commencé à voter dimanche matin pour des législatives à suspense qui devraient signer la fin de la domination des grands partis traditionnels au profit de l'extrême droite.

Stratégie qui pourrait s'avérer risquée, tant centristes et libéraux ont dit et redit leur refus d'un "pacte avec le diable".

Si pourtant la droite veut jouer l'alternance, "son gouvernement sera dépendant des Démocrates de Suède et ce ne sera pas gratuit", analyse pour l'AFP Lisa Pelling, du centre d'études Arena Ide.

Le Premier ministre social-démocrate Stefan Löfven avait présenté ces législatives comme un "référendum pour l'Etat-providence", l'extrême droite en avait fait un plébiscite contre sa politique migratoire. Les électeurs d'extrême droite sont en moyenne plus mobilisés que les électeurs des autres formations. Deux mois plus tard, il annonçait un tour de vis migratoire et le rétablissement des contrôles aux frontières.

Et ses chances de reformer une coalition - de toute façon minoritaire - pourraient être compromises malgré la poussée du Parti de gauche qui le soutient au parlement, si son partenaire écologiste au gouvernement passait sous le seuil des 4% requis pour envoyer des députés sur les bancs du Riksdag, le parlement suédois.

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