Des manifestants à Idleb appellent Ankara à empêcher l'offensive du régime — Syrie

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Une offensive contre Idleb pourrait faire jusqu'à 800.000 déplacés et provoquer "une catastrophe humanitaire", avertissent les Nations unies.

Ces bombardements constituent une escalade alors que le régime de Bachar al-Assad et son allié russe menacent depuis des mois de lancer une opération d'envergure contre cette province du nord-ouest du pays, limitrophe de la Turquie, pays qui soutient les rebelles.

Près de 60 frappes aériennes ont été menées samedi sur plusieurs localités du sud et du sud-est d'Idlib, par l'armée russe alliée au régime Assad, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Un hôpital sous-terrain situé aux abords de la localité de Hass a, en outre, été visé par une frappe ayant endommagé le bâtiment et du matériel.

Les bombardements ont provoqué des destructions et de nombreux dégâts dans plusieurs habitations.

Idleb, à la frontière turque, est la dernière proche de résistance de l'opposition au régime de Damas.

"Des barils d'explosifs lancés par des hélicoptères ont atterri près de nous (.) Les avions continuent de survoler" le secteur, a-t-il ajouté.

La peur reste toutefois "immense" parmi les habitants et le personnel médical, a affirmé à l'AFP à Genève le chef des services de santé de la province, Munzer Al-Khalil, disant craindre "la crise la plus catastrophique de (la) guerre" en Syrie, où plus de 350 000 personnes ont péri en sept ans de conflit.

Idleb est contrôlée en majeure partie par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS), issu de l'ex-branche d'Al-Qaïda en Syrie, mais d'autres groupes rebelles y sont également présents.

"Le gouvernement syrien a le droit de prendre sous son contrôle la totalité de son territoire national, et doit le faire", a déclaré M. Poutine, lors d'un sommet à Téhéran consacré à la situation en Syrie avec ses homologues iranien et turc.

Ces bombardements interviennent après l'échec, vendredi, d'un sommet tripartite entre la Russie et l'Iran d'un côté qui soutiennent le régime de Bachar al-Assad, et la Turquie, marraine des rebelles, pour tenter d'éviter un assaut des forces de Bachar al-Assad sur Idleb.

Le sommet a été marqué par une joute verbale entre les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et russe Vladimir Poutine, le premier plaidant à cor et à cri pour un accord de "cessez-le-feu" et mettant en garde contre un "massacre" en cas d'assaut des troupes loyalistes, soutenues par Téhéran et Moscou.

Quelque trois millions de personnes, dont la moitié sont des déplacés d'autres régions de Syrie affectées par de violents combats, vivent dans la province d'Idleb et les poches insurgées des provinces voisines de Hama, Alep ou Lattaquié, selon l'ONU.

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