Syrie: frappes russes contre Idleb, les plus "intenses" depuis un mois (OSDH)

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"Nous ne voulons absolument pas qu'Idleb se transforme en bain de sang", a déclaré M. Erdogan devant ses homologues iranien, Hassan Rohani, et russe, Vladimir Poutine, qui appuient Damas.

Dans le même temps, les présidents d'Iran, de Russie et de Turquie doivent se retrouver en sommet vendredi à Téhéran pour décider du sort de la province d'Idleb, ultime grand bastion djihadiste et rebelle de Syrie où la communauté internationale redoute un désastre humanitaire imminent.

Ils ont néanmoins "rejeté toute tentative de créer des faits accomplis sur le terrain sous prétexte de lutte contre le terrorisme et exprimé leur détermination à s'élever contre les projets séparatistes visant à saper la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie". Le processus d'Astana a éclipsé les négociations de Genève dirigées par l'ONU. La veille, des raids aériens russes y ont tué 13 civils, dont six enfants, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

Conquis en 2015 par les insurgés, Idleb est leur dernier grand bastion. C'est là qu'ont été envoyés des dizaines de milliers de rebelles et de civils évacués d'autres bastions de l'opposition repris par les forces loyalistes à travers le pays.

Selon la télévision d'État iranienne, les trois dirigeants auront chacun "des rencontres bilatérales" en marge de leur sommet.

Réunis en sommet dans la capitale iranienne, les présidents de ces trois pays "ont décidé de régler" la question d'Idlib "dans l'esprit de coopération qui caractérise le [processus] d'Astana", lancé par leurs trois pays pour tenter de ramener la paix en Syrie, selon le communiqué final de leur rencontre. "Nous avons discuté de mesures concrètes pour une stabilisation par étapes dans la zone de désescalade d'Idleb, qui prévoient notamment la possibilité pour ceux qui sont prêts au dialogue de passer un accord", a déclaré Vladimir Poutine à l'issue de ce sommet tripartite sur la guerre en Syrie, organisé à Téhéran avec Recep Tayip Erdogan et Hassan Rohani.

Le Président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé vendredi à mettre en place un cessez-le-feu pour éviter un "bain de sang" dans la province d'Idlib en cas d'offensive syrienne, lors d'un sommet sur la Syrie à Téhéran.

"Il faut des routes d'évacuation dans toutes les directions, est, nord, sud", a-t-il déclaré.

Déterminé à reprendre l'ensemble du territoire, le pouvoir de Damas a massé des renforts aux abords de la province, frontalière de la Turquie et dominée par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), mais qui accueille aussi d'importantes factions rebelles. Près de la moitié sont des déplacés.

Déclenchée en 2011, la guerre en Syrie a fait plus de 350.000 morts et des millions de réfugiés.

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