Homéopathie: des doyens de faculté pour continuer à l'enseigner

Share

Il s'agit d'une position prise "dans le cadre d'une réflexion scientifique et pédagogique", a indiqué à l'AFP le doyen de cette faculté, Didier Gosset.

La faculté de médecine de Lille suspend l'enseignement de l'homéopathie pour l'année universitaire 2018-2019 afin de ne pas cautionner "une doctrine qui est restée en marge du mouvement scientifique".

Lille, le lundi 3 septembre 2018 - Le professeur Didier Gosset, doyen de la faculté de médecine de Lille, a annoncé ce dimanche la suspension du diplôme national d'homéopathie délivré par son établissement pour l'année 2018-2019. Une décision prise dans "l'attente de la position" de la Haute autorité de santé (HAS) sur cette pratique. "Les études sur le sujet sont peu nombreuses ou mal étayées". Contrairement aux autres médicaments, les produits homéopathiques disposent d'une dérogation qui les dispense de faire la preuve scientifique de leur efficacité. La faculté de médecine de Bordeaux quant à elle avait fait figure de pionnière en supprimant ce DU dès 2009.

Le débat sur l'efficacité de l'homéopathie a ressurgi avec vigueur en France, pays du leader du marché, le laboratoire Boiron, depuis la publication mi-mars dans Le Figaro d'une tribune d'une centaine de médecins réclamant la fin de son remboursement. En charge de l'enseignement au sein de la faculté de Lille, il n'approuve pas la décision du doyen: "L'homéopathie est inscrite à la pharmacopée depuis les années 1970".

Selon les signataires, ces dernières, "inefficaces", "dangereuses" et "coûteuses", sont pratiquées "par des charlatans qui recherchent la caution morale du titre de médecin pour faire la promotion de fausses thérapies à l'efficacité illusoire". Les signataires demandent même à ce que le Conseil de l'Ordre empêche les personnes qui promeuvent l'homéopathie de garder leur titre de médecins ou professionnels de santé.

À la suite de cette polémique, le ministère de la Santé a saisi la Haute autorité de santé pour évaluer l'efficacité de l'homéopathie et le bien-fondé de son remboursement et attend son avis d'ici fin février.

Share