Après l'enquête de l'ONU, les Rohingyas réclament justice

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En 2017, plus de 700.000 musulmans rohingyas ont fui vers le Bangladesh après une offensive de l'armée birmane lancée en représailles d'attaques de postes-frontières par des rebelles rohingyas.

Plusieurs pays, dont les États-Unis, y ont soutenu l'idée de poursuites judiciaires internationales contre les responsables militaires birmans, après la publication lundi d'un rapport du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU. Un porte-parole du gouvernement birman a réagi dans des propos publiés mercredi: "Nous n'avons pas autorisé la MEF à entrer en Birmanie, c'est pourquoi nous n'acceptons aucune résolution du Conseil des droits de l'homme".

La dirigeante Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, "n'a pas utilisé sa position de chef du gouvernement ni son autorité morale, pour empêcher les événements dans l'état Rakhine".

La page Facebook du chef de l'armée birmane a été fermée pour "violations des droits de l'Homme", a annoncé Facebook ce lundi 27 août, l'armée étant accusée d'un rôle de premier plan dans le nettoyage ethnique des musulmans rohingyas.

Les enquêteurs de l'ONU soulignent néanmoins que les autorités civiles avaient "peu de marge de manœuvre" pour contrôler les agissements de l'armée et que "rien non plus n'indique qu'elles ont participé directement à la planification ou à la mise en œuvre d'opérations de sécurité ou qu'elles faisaient partie de la structure de commandement". Les experts évoquent également "l'extermination et la déportation", deux autres crimes contre l'humanité, dans l'état Rakhine.

Outre les six hauts gradés de l'armée, la Mission a également conçu une liste d'individus qui doivent être enquêtés dans le cadre de cette affaire. Les enquêteurs ont appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à porter la situation en Birmanie devant la Cour pénale internationale ou à créer un tribunal international ad hoc, comme cela avait été le cas pour le Rwanda ou l'ex-Yougoslavie. "L'ONU demande en tout cas d'" adopter des sanctions individuelles ciblées, y compris des interdictions de voyager et des gels d'avoirs, à l'encontre de ceux qui semblent les plus responsables de crimes graves".

"Pour avoir tissé sa toile tentaculaire à la surface du globe et favoriser l'immédiateté des échanges, Facebook aura cruellement manqué de réactivité face à la propagande anti-Rohingyas, distillée sur sa gigantesque plateforme au paroxysme de l'horreur, par la junte militaire birmane et les moines bouddhistes ultra-nationalistes".

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