Maroc: l'adolescente victime d'un viol collectif est solide mentalement, mais perturbée

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Une pétition intitulée "Venons tous à la rescousse de Khadija" et destinée à fournir à la jeune fille des soins et une aide psychologique a déjà recueilli, en ce lundi 27 août, plus de 13.000 signatures.

Visage masqué, Khadija raconte son calvaire dans une interview accordée à la chaîne marocaine Chouf TV.

"Ils m'ont séquestrée pendant près de deux mois, violée et torturée, (.) je ne leur pardonnerai jamais, ils m'ont détruite", déclare-t-elle en montrant des tatouages graveleux et des traces de brûlures de cigarettes sur son corps. Je n'arrêtais pas de pleurer et j'ai essayé de fuir à plusieurs reprises mais ils ont réussi à m'attraper. Ces hashtags, souvent accompagnés d'un dessin de femme nue, tatouée, le visage barré d'un "SOS", sont devenus viraux ces derniers jours sur les réseaux sociaux.

Selon Mohamed Okkarou, trois des agresseurs ont été arrêtés samedi. Une première audience du procès est prévue le 6 septembre.

D'après des médias citant Naima Ouahli, membre de l'Association marocaine des droits humains à Beni Mellal, près de Fqih ben Saleh, 12 personnes ont été interpellées dans le cadre de cette affaire. La police et le parquet marocains n'étaient pas joignables dans l'immédiat pour commenter le cas de la jeune femme. "Nous sommes émus par l'élan de solidarité avec elle", a affirmé le père de Khadija Okkarou. "Nous essayons de trouver une solution pour la faire venir car la famille est très pauvre et vit dans un coin reculé du Maroc ", a annoncé Fawez Zahmoul dans un post Facebook. Le sujet est d'autant plus sensible dans le royaume qu'il fait écho à de précédents faits divers ayant ému l'opinion. Les prévenus avaient été remis en liberté provisoire avant leur procès, ce qui avait suscité un scandale. La mobilisation après sa mort avait débouché sur l'abrogation de l'article 475 du code pénal, qui permettait aux violeurs d'échapper à la prison en épousant leur victime.

Le nombre d'affaires de viols traitées par la justice marocaine a doublé en 2017, passant de 800 en moyenne à 1600.

En février, sous la pression de la rue, le gouvernement marocain a adopté une loi contre les violences faites aux femmes et incriminé pour la première fois " certains actes considérés comme des formes de harcèlement, d'agression, d'exploitation sexuelle ou de mauvais traitement ".

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