Affaire Lactalis: un ordinateur contenant des "éléments sensibles" a été dérobé

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Le 10 mai dernier, un ou des individus se sont introduits dans les bureaux de la Répression des Fraudes, à proximité du ministère de l'économie, à Paris, et y ont dérobé du matériel informatique contenant des documents sur l'affaire Lactalis. Ce cambriolage a poussé les parents d'un enfant victime du lait infantile Lactalis contaminé aux salmonelles à porter plainte, mercredi 29 août, pour "dissimulation de preuves".

"Il s'agit d'un acte commis par des professionnels car ils étaient parfaitement informés, ils savaient où aller chercher ces ordinateurs, c'est un vol sans effraction et ce qui est très frustrant pour les victimes et notamment pour celles qui ont porté plainte, c'est que nous ne retrouverons certainement jamais les éléments de l'enquête et qu'en même temps, l'usine de Craon, en Mayenne, qui produisait ces produits dangereux a pu ouvrir de nouveau", conclut l'avocat.

L'un d'entre eux contenait des "éléments sensibles" liés à ce scandale pour lequel le parquet de Paris avait ouvert en décembre une enquête pour "blessures involontaires" et "mise en danger de la vie d'autrui, selon cette source".

Pourtant, le Canard Enchaîné évoque de son côté des "cambrioleurs visiblement bien renseignés". Plusieurs centaine de plaintes ont été déposées. Pour Me Yassine Bouzrou, le parquet de Paris "privilégie naïvement la thèse du hasard" en ne reliant pas les deux enquêtes. "Il ne s'agit pas d'un simple vol, a-t-il dit".

L'enquête préliminaire, qui dure depuis neuf mois, était toujours en cours fin août, selon une source judiciaire. Le géant laitier a été critiqué pour avoir tardé à réagir après deux contrôles internes en août et novembre 2017. Cette qualification criminelle, plus grave que les délits visés par l'enquête du parquet, rendait possible cette procédure, qui passe outre l'action du procureur et permet d'obtenir la désignation d'un juge d'instruction.

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