Michael Cohen plaide coupable et implique Donald Trump

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Interrogé par le juge fédéral de Manhattan William Pauley, il a indiqué avoir versé des sommes de 130 000 et 150 000 dollars destinées à deux femmes affirmant avoir eu une liaison avec Donald Trump en échange de leur silence, "à la demande du candidat" et "avec l'intention d'influencer l'élection" présidentielle de 2016.

Ces déclarations, qui sous-entendent que le président pourrait avoir commis un délit, ont été immédiatement qualifiées de très graves pour Donald Trump par les commentateurs.

Michael Cohen n'a pas nommé les deux femmes, mais les montants correspondent à des versements déjà connus: l'un à Stormy Daniels, actrice de films X qui affirme avoir eu une brève liaison avec Donald Trump en 2006, et l'autre destiné à Karen McDougal, une ex-playmate du magazine Playboy qui affirme également avoir eu une liaison avec le milliardaire en 2006-2007.

Le coup est d'autant plus spectaculaire qu'il vient d'un ancien fidèle du président, gardien d'une partie de ses secrets, qui après s'être dit un temps prêt "à prendre une balle" pour son puissant client semble finalement s'être décidé à le lâcher.

Quelques instants auparavant, signe que les déboires judiciaires des (ex) proches de Donald Trump ne manquent pas, l'ancien chef de campagne de ce dernier, Paul Manafort, a lui été condamné pour fraude bancaire et fiscale, les jurés échouant toutefois à prononcer un verdict pour 10 chefs d'accusation à son encontre.

Mais cette décision est symbolique, car il s'agissait du premier procès émanant de l'enquête russe, cette tentaculaire investigation conduite par le procureur spécial Robert Mueller sur l'ingérence de la Russie dans la présidentielle de 2016 et sur des soupçons de collusion entre l'équipe de campagne de Donald Trump et le Kremlin de Vladimir Poutine.

"Je me sens très triste", a réagi le président américain en marge d'un déplacement en Virginie occidentale, au sujet de Paul Manafort, un "homme bien".

Michael Cohen, qui aura 52 ans le 25 août, a été remis en liberté après avoir plaidé coupable moyennant 500 000 dollars de caution et la remise de son passeport aux enquêteurs.

"Où est la collusion?", a-t-il demandé à ses supporters lors d'un meeting de campagne pendant la soirée. Mais dix autres charges retenues contre Paul Manafort n'ont mené à aucun consensus au sein du jury, conduisant finalement à un verdict partiel. Le lobbyiste "est déçu" et "évalue toutes ses options", a déclaré son avocat Kevin Downing. La date du prononcé reste à fixer.

Après deux semaines de débats très suivis aux Etats-Unis, l'issue de l'audience représente néanmoins une victoire, bien qu'incomplète, pour le procureur spécial Robert Mueller, et affaiblit là aussi la position du président.

D'autant que l'enquête russe se poursuit, malgré les appels incessants de la Maison Blanche qui souhaite y voir mettre un terme.

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