Energie: le Français Total s'est officiellement désengagé d'Iran (Téhéran)

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Ce désengagement est tout sauf une surprise - pour qui se souvient que le pétrolier français avait très vite réagi, il y a plus de deux mois, aux menaces de Donald Trump de poursuivre de ses foudres les entreprises qui ne respecteraient pas le rétablissement des sanctions américaines et qui se maintiendraient contre vents et marées au pays des mollahs.

"Total a officiellement mis fin à l'accord pour le développement de la phase 11 du (gisement gazier) South Pars".

Cela fait plus de deux mois que Total a annoncé son intention de quitter le projet SP11, selon le ministre, cité par l'IRNA.

"Le processus contractuel suit son cours et Total a notifié aux autorités iraniennes son retrait du contrat au bout du délai de 60 jours prévu pour obtenir un éventuel 'waiver' des autorités américaines qui n'a pas pu être obtenu malgré le soutien des autorités françaises et européennes", explique Total dans une déclaration transmise à Reuters.

Après son retrait unilatéral en mai de l'accord nucléaire conclu en 2015 entre Téhéran et les grandes puissances, Washington a rétabli le 6 août une première série de sanctions contre Téhéran, suivie d'une deuxième en novembre qui ciblera le secteur pétrolier.

Le gouvernement iranien est à la recherche d'autres sociétés étrangères pour relancer l'exploitation des champs gaziers et pétroliers. Avec des actifs totalisant 10 milliards de dollars aux États-Unis et des banques américaines impliquées dans 90 % de ses opérations financières, Total aurait été fortement touché et avait d'ailleurs demandé une dérogation de la part des autorités américaines, qui ne lui a pas été accordée.

Cette décision de Total n'est pas une première.

Total tourne la page en Iran.

Le ministre iranien du Pétrole, Bijan Zanganeh, avait déclaré que le groupe français avait officiellement quitté l'Iran, a rapporté la télévision publique iranienne.

Le besoin urgent d'attirer des investissements pour moderniser les infrastructures énergétiques avait contribué à la signature par Téhéran de l'accord nucléaire en 2015. "Nous n'avons pas de quoi les rénover", a-t-il ajouté. Total devait détenir plus de 50% de ce qui sera le plus grand gisement gazier au monde, mais le retour des sanctions américaines a tout changé.

C'était une conséquence attendue du retour des sanctions américaines envers l'Iran.

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