Le Venezuela étrenne ses nouveaux billets, le patronat craint l'"instabilité"

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Au Brésil, l'arrivée massive de Vénézuéliens fuyant la crise politique et économique dans leur pays crée une situation délicate dans l'Etat frontalier de Roraima, au nord du pays, si bien que, pour certains, le passage au Brésil n'est que fugace: à Pacaraima, à la frontière entre le Brésil et le Venezuela, plusieurs centaines de migrants ont été contraints de rebrousser chemin avec leurs bagages, sous les sifflets de la population locale.

Lundi, jour férié décrété par le chef de l'État, les rues de la capitale étaient désertes, la plupart des commerces et des administrations fermés et les transports en commun à l'arrêt, a constaté l'AFP.

" On est tous dans la même situation".

Ces nouveaux billets arrivent 20 mois à peine après l'introduction progressive par le gouvernement de coupures de plus en plus grosses, de 500, 20 000 puis 100 000 bolivars.

Par ailleurs, le président Maduro veut rassurer en expliquant que le bolivar souverain sera adossé au petro, la cryptomonnaie vénézuélienne avec laquelle le gouvernement entend contourner le manque de liquidités et les sanctions financières des Etats-Unis.

" C'est un truc de dingue ", estime Henkel Garcia, directeur du cabinet Econometrica, alors qu'une hyperinflation attendue à 1 000 000 % fin 2018 sévit au Venezuela. L'objectif, a-t-il assuré, est d'articuler " les protestations sociales ", alors que des manifestations isolées contre les pénuries ou la faillite des services publics se multiplient.

Dans ce pays autrefois très riche, qui détient les plus grandes réserves pétrolières de la planète, le panorama économique s'est considérablement assombri.

Alors que son pays procède à une reconversion monétaire, le Président vénézuélien a promis de couper court au modèle qui a "dollarisé les prix" dans le pays.

Au cours de l'actuel bolivar, le revenu minimum passera de 5,2 millions (moins de 1 dollar au taux du marché noir, qui domine l'économie) à 180 millions (environ 28 dollars, ou 24 euros).

Dix ans auparavant, en 2008, l'État vénézuélien avait déjà éliminé trois zéros en lançant le " bolivar fort ".

"Le déficit s'élève à 20 % du PIB et la dette externe à 150 milliards de dollars, alors que les réserves ne sont que de 9 milliards".

Selon les médias locaux, un résident aurait été "agressé" par un migrant vénézuélien dans la ville de Pacaraima, ce qui aurait ulcéré des habitants. À la suite des événements, déclenchés par l'agression présumée d'un commerçant brésilien à Pacaraima (nord), le ministère des Affaires étrangères a contacté le ministre des Relations extérieures du Brésil, selon un communiqué du gouvernement de Caracas.

En Equateur, des migrants vénézuéliens sont bloqués à la frontière, où on leur demande désormais un passeport, que la plupart n'ont pas, au lieu d'une simple carte d'identité.

Le secrétaire général de l'Organisation des États américains (OEA) Luis Almagro a demandé sur Twitter aux pays de la région de " maintenir les portes ouvertes au peuple du Venezuela, victime de la pire crise humanitaire que le continent ait connue ".

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