Le bilan humain grimpe à Gênes après l’effondrement du pont Morandi

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Dans un immense hall à Gênes transformé en chapelle ardente s'alignent samedi matin 18 cercueils, dont celui tout blanc d'un enfant.

Les secouristes, dont 350 pompiers, sont toujours mobilisés. Au cours des autres rencontres, les joueurs observeront une minute de silence et porteront un brassard noir. "Mon fils a été assassiné ", a répété vendredi sur toutes les ondes le père de l'un des quatre jeunes de Torre del Greco, près de Naples, morts sur la route de leurs vacances, en pointant la responsabilité de l'État dans le drame. Alors que le championnat de football doit reprendre ce week-end, les matches prévus dimanche de la Sampdoria et du Genoa, les deux équipes de Gênes, ont été reportés. Le quotidien La Stampa indiquait vendredi que les familles d'au moins 17 victimes préféraient ne pas participer à la cérémonie officielle.

Depuis la catastrophe du pont de Gênes, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, les deux chefs de file populistes du gouvernement italien, se livrent à une surenchère dans l'indignation, au risque de retours de bâton.

Leurs photos souriantes et leurs destins brisés s'affichaient dans tous les journaux italiens: un ancien champion de moto trial, un médecin et une infirmière qui allaient se marier, des jeunes Français partis faire la fête, trois Chiliens qui s'étaient installés en Italie, un routier napolitain qui rentrait après une livraison en France, un couple de retour de voyage de noces. Depuis l'effondrement, le groupe est sous pression: le gouvernement a annoncé son intention de révoquer la concession d'Autostrade sur le tronçon d'autoroute et lui laisse 15 jours pour prouver qu'elle a bien rempli toutes ses obligations contractuelles.

"Nous ne pouvons pas attendre la justice pénale", a fait valoir le chef du gouvernement, Guiseppe Conte.

Autostrade a réagi en évoquant le sérieux de ses contrôles de sécurité.

La société a aussi assuré travailler "d'arrache-pied" à la reconstruction du pont, qui pourrait "être achevé dans les cinq mois" une fois le site accessible après la fin des recherches et des relevés d'enquête.

"Nous faisons tout notre possible pour qu'Autostrade ouvre son portefeuille pour aider les proches des victimes, les personnes concernées, les sans-abri et la ville", avait lancé vendredi l'omniprésent vice-Premier ministre Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur et chef de la Ligue (extrême droite).

Le groupe a aussi critiqué une annonce gouvernementale faite "en l'absence de toute certitude sur les causes effectives" du drame et prévenu que la révocation coûterait cher en indemnités à l'Etat.

Dix blessés se trouvaient vendredi encore à l'hôpital, dont six jugés dans un état grave, a indiqué la préfecture dans un nouveau bilan.

Autre cible du gouvernement italien: l'Union européenne et sa politique d'austérité accusée d'empêcher les investissements.

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