"Révoquez mon habilitation secret défense", un ex-amiral défie Trump

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Dans un entretien au Wall Street Journal mercredi, M. Trump a reconnu que sa décision sur le retrait de l'habilitation secret défense de M. Brennan était liée à l'enquête russe.

Le président Donald Trump a révoqué l'habilitation Secret-Défense de l'ancien directeur de la CIA, John Brennan (photo).

"Historiquement, les anciens chefs du renseignement et des agences de sécurité étaient autorisés à conserver un accès aux informations classées secret-défense", a ainsi rappelé la porte-parole de l'exécutif, Sarah Sanders, avant d'annoncer que cette tradition est désormais remise en cause. "John Brennan a des antécédents qui jettent un doute sur son objectivité et sa crédibilité", a-t-elle encore assuré.

John Brennan a été conseiller du Président démocrate Barack Obama pour les problèmes de terrorisme avant d'être nommé à la tête de la CIA, de 2013 à 2017.

Des arguments contestés par l'opposition et certains observateurs.

L'ancien haut responsable, qui fut jusqu'en janvier 2017 le gardien des secrets des États-Unis, a balayé les assurances de M. Trump selon lesquelles son équipe de campagne n'a pas œuvré avec la Russie à remporter l'élection présidentielle de 2016.

"Trump veut à tout prix se protéger et protéger les personnes proches de lui", a dit M. Brennan, y voyant "une tentative de faire taire, en leur faisant peur, d'autres qui oseraient le défier". Le mois dernier, il avait éreinté le locataire de la Maison Blanche après sa rencontre à Helsinki avec son homologue russe Vladimir Poutine, au cours de laquelle le milliardaire américain avait adopté une posture conciliante vis-à-vis du maître du Kremlin. Donald Trump pourrait ne pas s'arrêter là.

Le président américain affirme qu'il a pris cette décision pour prévenir toute fuite de données.

Sur Twitter, John Brennan a rapidement répliqué et dénoncé un "abus de pouvoir". Il y voit "une action faisant partie d'un effort plus large de Donadl Trump de supprimer la liberté de parole et de punir les critiques".

"Si les habilitations secret défense venaient à devenir un outil politique entre les mains d'individus comme monsieur Trump, cela enverrait, je pense, un message très inquiétant aux membres actuels du gouvernement, peut-être aux anciens responsables qui bénéficient toujours de leur habilitation, ainsi qu'à la prochaine génération de professionnels du renseignement et de la sécurité nationale", a-t-il déclaré sur MSNBC.

La Maison-Blanche a précisé que le président envisageait de retirer leur habilitation à d'autres anciens hauts fonctionnaires de l'ère Obama, dont l'ex-chef de la police fédérale (FBI) James Comey, devenu sa bête noire, mais aussi James Clapper, directeur du renseignement jusqu'à début 2017, Michael Hayden, ex-patron de l'Agence nationale de sécurité (NSA) puis de la CIA, Susan Rice, qui était conseillère de Barack Obama pour la sécurité nationale, et Andrew McCabe, ancien adjoint puis directeur par intérim du FBI jusqu'en août 2017.

Les parlementaires républicains se sont montrés divisés sur la décision de Donald Trump, certains critiquant cette décision quand d'autres estimaient que Brennan avait mal agi en critiquant le président.

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