Ponts en France : un rapport dresse un bilan alarmant de leur état

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L'effondrement du viaduc de Gênes, en Italie, inquiète particulièrement les autorités françaises. Il n'y aurait cependant aucun risque d'effondrement selon le responsable de la direction des routes d'Île-de-France (Dirif), Alain Monteil, interrogé par Le Parisien mercredi, estimant que ce mur est indépendant du viaduc. Par ailleurs, 7% des autres infrastructures (les tunnels et les ponts) "nécessitent des travaux de rénovation" au risque d'éventuels effondrements. Un constat plus qu'alarmant d'autant plus qu'un pont n'est réparé que 22 ans après "l'apparition des premières dégradations". "Dans 7 % des cas (soit près de 840 ouvrages d'art), les dommages sont " sérieux " et présentent " à terme un risque d'effondrement ", rappelle l'étude. La dégradation des chaussées et des ouvrages d'art est même jugée "préoccupante" par le rapport, qui qualifie de "vieillissant et dégradé" le réseau routier français non concédé à des sociétés privées, qui s'étend sur 12.000 km, s'ajoutant aux 9.000 km d'autoroutes concédées.

En 2016, 17 % des routes nationales étaient endommagées et leur état s'aggrave un peu plus chaque année. A ce rythme, 62% des chaussées seront "très dégradées " d'ici 2037 (contre 29% en 2017) et 6% des ponts seront hors-service.

Et pour expliquer la dégradation des routes, les experts sont se penchés sur les phénomènes climatiques, à savoir intempéries et hivers rigoureux. Selon le JDD, ceci provoque "un arrachement des couches superficielles des routes et un trafic élevé avec des pointes de trafic supérieures à 30 000 véhicules par jour sur certaines portions". Le rapport ne s'arrête pas là. Les ponts sont également menacés. "Si les voies ne sont pas réparées à temps, l'eau s'infiltre et attaque la structure de la chaussée", lit-on encore. "Si on continue à dépenser 666 millions d'€ par an jusqu'en 2022, il faudra ensuite investir 1,3 milliard d'euros par an jusqu'en 2037 pour revenir à l'état actuel", est-il précise.

La ministre chargée des transports, Elisabeth Borne, l'assure ce mercredi: "L'entretien, c'est notre priorité" et cela "se traduit dès le budget 2018 et ça se traduira pendant plusieurs années". Avec l'autopartage, la programmation et le financement des infrastructures font partie des sujets importants de la loi d'orientation sur les mobilités (LOM) qui sera présentée à la rentrée.

La ministre se veut pourtant rassurante et a confirmé que " tous les ponts font l'objet de visites annuelles et de visites plus détaillées tous les trois ans, qu'ils soient sur réseau concédé ou non concédé ". Rappelons que le 15 mai dernier, le pont de Gennevilliers s'était affaissé, conduisant à la fermeture de l'autoroute A15.

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