Etats-Unis : plus de 300 prêtres accusés de pédophilie en Pennsylvanie

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Quatre-vingt-dix pour cent des faits se seraient déroulés avant 1990.

D'après le magistrat, ces prêtres se sont servis de "la foi comme d'une arme" pour faire taire leurs victimes, prenant l'exemple de l'un d'entre eux qui aurait décrit à des enfants comment "Marie devait lécher Jésus pour qu'il reste propre après sa naissance", afin d'obtenir des fellations.

Josh Shapiro, procureur de Pennsylvanie.

La lecture de ce rapport, ponctué d'anecdotes sordides, est glaçante. Le rapport évoque des agressions sexuelles dont certaines victimes présumées avaient moins de 10 ans.

Le rapport indique également que "quasiment tous les cas" suspectés sont aujourd'hui frappés par la prescription et ne peuvent donc faire l'objet de poursuites judiciaires, comme le rapporte Le Monde.

L'autre prêtre, accusé d'agression sur un enfant de 7 ans, a plaidé coupable fin juillet mais le chef d'accusation retenu est un délit et non un crime et n'est passible que de cinq ans d'emprisonnement au maximum.

► Qui a mené cette investigation?

C'est ce qui s'est produit en Pennsylvanie: la justice a confié à un " grand jury " la charge d'étudier les conclusions de son enquête - à partir, notamment, des plaintes enregistrées - puis de rédiger un rapport final. Épais de 884 pages, ce rapport est le fruit de deux ans d'enquête et porte sur une période de 70 ans.

" Les "grands jurés" ne sont que des gens ordinaires, choisis au hasard pour un service; nous sommes peu payés, nos journées sont longues, le travail peut se révéler émotionnellement déchirant ", expliquent en préambule les membres de cette commission, qui précise avoir entendu des dizaines de témoins et examiné " plus d'un demi-million de documents diocésains internes ". C'est une enquête des services du procureur de cet état publiée ce mardi 14 août qui l'affirme: au moins 1000 enfants ont été victimes. L'enquête met aussi en cause l'attitude de plusieurs policiers ayant refusé à l'époque de donner suite à des plaintes.

De nombreux faits figurant dans le rapport montrent une hiérarchie ayant souvent eu une démarche active pour ne pas ébruiter les cas d'abus sexuels et pour protéger les auteurs de ces agressions.

Le jury formule plusieurs propositions de réforme, notamment une modification des textes de loi pour allonger le délai de prescription, au pénal et au civil, et restreindre le champ des accords de confidentialité, auxquels l'Eglise catholique a eu fréquemment recours, d'après l'enquête.

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