Boycottez Apple et achetez les produits Samsung — Erdogan aux Turcs

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Des taxes oscillant entre 14% et 60% ont été imposées par décret du président Recept Tayyip Erdogan à plusieurs produits américains tels que les véhicules légers, certaines boissons alcoolisées, le tabac, le riz et les produits cosmétiques.

Le ministre turc des Finances, Berat Albayrak, a déclaré jeudi que son pays avait pleinement compris et pris acte de tous les défis internes auquel il était confronté, ajoutant qu'il ressortirait plus fort des turbulences actuelles du marché. Le département d'Etat se contente d'affirmer "respecter" le résultat.

La crise avec Washington est née du placement en résidence surveillée début juillet du pasteur américain Andrew Brunson.

La crise de la livre turque, dont Ankara accuse Washington, n'est pas, cependant, la conséquence des seules sanctions douanières américaines.

"Jusqu'à présent, la Turquie ne semble (.) pas modifier ses politiques assez rapidement", relève Holger Schmieding, économiste chez Berenberg. M. Erdogan accuse Washington quelques jours plus tard de "mentalité évangéliste et sioniste". Ankara répliquera par des mesures similaires. Sa dégringolade s'est accélérée sous l'effet du relèvement annoncé par Donald Trump le 10 août dernier des tarifs douaniers sur des produits turcs exportés vers les Etats-Unis (acier et aluminium). Après avoir, pour la première fois, franchi dans la nuit de dimanche à lundi la barre des 7 livres pour un dollar, la devise turque s'échangeait à 6,56 contre le billet vert dans la matinée, reprenant ainsi environ 4,7% de sa valeur sur la journée. M. Erdogan affirme qu'il sortira vainqueur de cette "guerre économique". Le président turc a demandé à ses concitoyens de changer leurs devises étrangères pour soutenir la monnaie nationale, mais son discours n'a fait qu'accentuer la baisse de la monnaie nationale.

"D'un côté, vous êtes avec nous dans l'Otan et, de l'autre, vous cherchez à frapper votre partenaire stratégique dans le dos". Mercredi, la livre continuait ainsi de reprendre des couleurs face au dollar, sans toutefois effacer la chute de ces derniers jours.

Par ailleurs, la justice turque a ordonné mardi la libération de deux soldats grecs et mercredi du président d'Amnesty International en Turquie, des décisions inattendues dans deux affaires qui ont contribué à tendre les rapports entre ce pays et les Etats européens. "Avec l'aide de Dieu, nous surmonterons cela", lance-t-il. Il est aussi suspecté d'être lié au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée "terroriste" par la Turquie et les Etats-Unis. Selon Ankara, Erdogan et Macron ont souligné, au cours de cet échange, "l'importance de renforcer davantage (leurs) relations économiques".

S'ils ont des iPhones, il y a des Samsung de l'autre côté.

Entre la Turquie et les États-Unis, rien ne va plus.

Le vice-président Fuat Oktay a justifié sur Twitter ces mesures au nom du "principe de réciprocité, en réponse aux attaques délibérées commises par le gouvernement américain contre l'économie turque".

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