La livre turque à un nouveau plus bas face au dollar

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Elle s'est ensuite quelque peu ressaisie et s'échangeait à 07H30 GMT à près de 5,9 pour un billet vert, accusant une baisse de plus de 6% sur la journée.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé une "guerre économique", a appelé la population turque à la "lutte nationale" en échangeant ses devises. Son appel n'a fait qu'accélérer la chute de la livre. Ce jour-là, elle a perdu 15 % en quelques heures lorsque Donald Trump a décrété une hausse des taxes à l'importation sur l'acier et l'aluminium turcs, désormais de 50% et 20% respectivement.

La livre turque, qui a perdu près de la moitié de sa valeur face au dollar depuis le début de l'année, a enregistré une baisse vertigineuse jusqu'à des plus bas historiques. "A moins que les Etats-Unis ne commencent à respecter la souveraineté de la Turquie et prouvent qu'ils comprennent les dangers auxquels notre nation est confrontée, notre partenariat pourrait être en danger", affirme le président turc."Un échec à renverser la tendance actuelle à l'unilatéralisme et au manque de respect va nous pousser à chercher de nouveaux amis et de nouveaux alliés", ajoute-t-il.

La chute de la livre "montre que les investisseurs sont de plus en plus inquiets de l'imminence d'une crise monétaire totale", a souligné dans une note David Cheetham, analyste chez le courtier XTB. Donnez-les immédiatement aux banques et convertissez-les en livres turques.

La devise turque connaît une érosion inexorable depuis plusieurs années, mais l'hémorragie s'est aggravée ces derniers jours en raison de la grave crise diplomatique avec les Etats-Unis, liée à la détention en Turquie d'un pasteur américain accusé d'espionnage.

Ces deux alliés au sein de l'Otan ont imposé des sanctions réciproques à des responsables gouvernementaux. Si ces mesures sont avant tout symboliques, elles ont inquiété les investisseurs étrangers dont l'économie turque est dépendante. "C'est une lutte nationale", a exhorté M. Erdogan dans un discours à Bayburt (nord-est).

En assurant, hier, que la coopération entre la Turquie et les Etats-Unis est menacée tout en prévenant la Maison-Blanche qu'il allait se tourner vers de "nouveaux alliés " si elle continuait de lui "manquer de respect ", le président Erdogan a lancé un sérieux avertissement à Washington, ce qui illustre parfaitement le degré d'animosité atteint par les deux pays.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est juré samedi de répondre aux "menaces" des Etats-Unis concernant le pasteur américain détenu en Turquie.

Face à cette situation, le président Erdogan a pointé vendredi un doigt accusateur en direction d'un mystérieux " lobby des taux d'intérêt " dont il n'a pas défini les contours. La banque centrale, censée être indépendante mais en réalité soumise aux pressions du pouvoir, rechigne à relever ses taux, délaissant ainsi un outil traditionnellement utilisé à travers le monde pour soutenir la monnaie et réguler l'inflation.

" S'ils ont des dollars, nous, nous avons notre peuple, nous avons le droit et nous avons Allah!".

Visiblement soucieux d'envoyer des signaux positifs aux marchés, le nouveau ministre des Finances Berat Albayrak, qui est également le gendre du chef de l'Etat turc, a insisté sur l'"importance" selon lui de l'"indépendance de la banque centrale" turque.

"Je déclare aujourd'hui que nous avons vu clair dans votre complot, et que nous allons nous y opposer", a déclaré M. Erdogan, se référant apparemment aux Etats-Unis. "Cette décision est due à la " mainmise " de Recep Erdogan sur la banque centrale et au fait que " des taux d'intérêt plus élevés ne collent pas avec la stratégie de croissance de la Turquie ", souligne Nora Neuteboom, de la banque néerlandaise ABN AMRO.

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