Argentine : le Sénat rejette la légalisation de l’avortement

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Le matin du vote, juste devant le Sénat argentin, des manifestants laissaient éclater leur colère face aux policiers après le rejet des sénateurs, réputés plus conservateurs que leurs collègues députés qui avaient voté le texte de justesse, le 14 juin dernier. Le 14 juin, le texte avait été voté à l'Assemblée à une très courte majorité (129 voix pour, 125 contre).

Des incidents isolés ont éclaté après l'annonce des résultats du vote.

Le vote a été accueilli par des feux d'artifice et des cris de joie parmi les militants anti-IVG rassemblés à Buenos Aires devant le Congrès, où se déroulaient les débats. A l'autre extrémité de la place du Congrès, les mines étaient dépitées, les larmes coulaient sur les visages des partisans de la légalisation de l'avortement.

La déception générée par ce scrutin a provoqué quelques débordements du côté des pro-IVG. Mais le 9 août ne restera pas dans l'histoire du pays sud-américain comme la date de la légalisation de l'avortement.

Le Sénat est considéré comme plus conservateur que la Chambre des députés argentine car chacune des 24 provinces dispose de trois représentants quel que soit son poids démographique.

Depuis plusieurs semaines, le pays est divisé en deux couleurs: le vert, qui symbolise la lutte pour le droit à l'avortement, et le bleu clair, référence au drapeau du pays, qui représentait les militants anti-avortement. Il est pourtant opposé à l'IVG. La capitale et la province de Buenos Aires, plus favorables à l'IVG, y sont moins représentées alors qu'elles abritent plus du tiers de la population du pays. L'IVG est actuellement possible dans le pays en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère. La loi fixe en effet un délai d'un an après un rejet, mais en août 2019, à deux mois de l'élection présidentielle, il est peu probable que les partis politiques souhaitent reprendre le débat en pleine campagne électorale. Cela mérite peut-être un système de démocratie directe.

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