Trump double les droits de douane sur l'acier et l'aluminium turcs

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La livre turque est à l'agonie depuis qu'une grave crise diplomatique a éclaté entre la Turquie et les Etats-Unis, deux alliés au sein de l'Otan qui ont imposé des sanctions réciproques contre des responsables gouvernementaux. Elle était brièvement descendue à 6,87 après l'annonce de M. Trump.

La livre turque a brutalement chuté ce 10 août, perdant plus de 7% de sa valeur face au dollar, sur fond de crise diplomatique entre la Turquie et les Etats-Unis et d'inquiétudes face à d'éventuelles répercussions sur des banques européennes.

Les tensions, déjà vives depuis plusieurs mois, ont connu une brusque escalade la semaine dernière en lien avec l'incarcération en Turquie d'un pasteur américain, Andrew Brunson, accusé par les autorités turques de "terrorisme" et d'"espionnage". Cette chute spectaculaire survient après l'annonce du président américain Donald Trump d'une forte augmentation des taxes à l'importation sur l'acier et l'aluminium turcs. La livre turque, dont la valeur a fondu de plus d'un tiers face au dollar et à l'euro depuis le début de l'année, avait déjà cédé plus de 5% face au billet vert la veille. "C'est une lutte nationale", a exhorté M. Erdogan dans un discours à Bayburt (nord-est). Parmi les plus fortes baisses on trouve BBVA (-5,16 %) UniCredit (-4,73 %) et BNP Paribas (-2,99 %), très présents en Turquie, et qui sont des poids lourds de la cote dans leurs pays respectifs.

Visiblement soucieux d'envoyer des signaux positifs aux marchés, le nouveau ministre des Finances Berat Albayrak, qui est également le gendre du président Erdogan, a insisté sur l'"importance" selon lui de l'"indépendance de la banque centrale" turque.

Outre ces tensions, les marchés s'inquiètent des orientations de la politique économique du président Erdogan, la banque centrale turque rechignant à relever ses taux pour contrer une inflation qui a pourtant atteint près de 16% en juillet en rythme annuel.

"S'ils ont des dollars, nous, nous avons notre peuple, nous avons le droit et nous avons Allah!", avait-il lancé dans un précédent discours, dans la nuit de jeudi à vendredi, des déclarations qui ont renforcé l'inquiétude des marchés.

Or de nombreux économistes appellent de leurs voeux une hausse des taux d'intérêt de la banque centrale afin d'enrayer l'inflation, un levier traditionnellement utilisé dans le monde pour maîtriser la hausse des prix et soutenir la monnaie nationale.

Depuis sa nomination à ce poste après la réélection de M. Erdogan en juin, M. Albayrak s'est efforcé sans succès d'apaiser les marchés qui voient d'un mauvais oeil la mainmise croissante sur les affaires économiques du président dont les positions peu orthodoxes inquiètent. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

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