Alexis Kohler visé par de nouvelles accusations — Conflit d'intérêts

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Alexis Kohler, le 15 mai 2017.

L'association Anticor a déposé ce mercredi 8 août une plainte complémentaire pour "prise illégale d'intérêt" contre le secrétaire général de l'Elysée, Alexis Kohler, dont Mediapart a révélé lundi qu'il avait approuvé, comme haut-fonctionnaire, des contrats concernant l'armateur MSC, fondé et dirigée par des cousins de sa mère. Le site d'information avait déjà accusé le secrétaire général de l'Élysée de conflit d'intérêts au motif qu'il avait siégé à partir de 2010 au conseil d'administration de STX France (les chantiers navals de Saint-Nazaire), dont MSC était le principal client, et qu'il avait rejoint l'armateur en août 2016. Mediapart a annoncé avoir saisi la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA) pour obtenir la déclaration d'intérêts du secrétaire général de l'Élysée lors de sa nomination au port du Havre.

Alexis Kohler, aujourd'hui chargé par la présidence de revoir, modifier et améliorer certaines pratiques de l'Élysée suite aux manquements ayant eu lieu à l'occasion de l'affaire Benalla, se retrouve dans la tourmente.

Ces révélations avaient entraîné en mai l'ouverture d'une enquête du parquet national financier (PNF) pour "vérifier si les règles relatives à la mise en disponibilité des agents publics ont bien été respectées". Et lorsque le haut fonctionnaire a été tenté d'aller "pantoufler" dans le privé, il s'est invariablement tourné vers MSC, comme en 2016 lorsqu'il est devenu le directeur financier de la filiale croisières. "Il a notamment toujours informé sa hiérarchie des situations dans lesquelles il aurait pu se trouver en conflit d'intérêts, s'est toujours déporté pour éviter lesdites situations et a toujours respecté les avis de la commission de déontologie ".

Le fait de siéger au sein de ces deux conseils liés à l'industrie navigatrice aurait dû conduire Alexis Kohler à se tenir strictement à l'écart des dossiers liés à MSC, entreprise avec laquelle il a des liens familiaux.

Alexis Kohler, qui y siégeait en tant que représentant de l'Agence des participations de l'Etat (APE), a ainsi pris la parole et voté, lors de deux réunions tenues en septembre 2010 et 2011, en faveur de futurs contrats entre GPMH et une filiale française de l'armateur (TNMSC).

Plusieurs ex-membres du conseil ont par ailleurs affirmé à Mediapart "qu'ils ignoraient tout de la situation familiale d'Alexis Kohler et qu'ils sont tombés des nues quand ils ont découvert très récemment ses liens avec MSC", l'un des plus gros transporteurs maritimes de conteneurs au monde. Comme le montrait l'enquête, l'actuel secrétaire général de l'Élysée, à ses différents postes, " a été amené à travailler sur ce dossier, à mobiliser des financements ou des crédits exports, à apporter des garanties d'État pour aider la MSC ". En mai dernier, au moment des premières révélations, il affirmait: "M. Kohler ne s'est jamais trouvé ou placé en position décisionnaire ou en situation de faire valoir une opinion personnelle dans les travaux internes et délibérations concernant MSC". "Ceci reste effectif pour le présent comme pour l'avenir".

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