Rohani juge "insensé" des négociations à l'ombre des sanctions américaines

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" Associer des négociations à des sanctions, c'est insensé. Ils imposent des sanctions aux enfants iraniens, aux malades et à la nation", a-t-il lancé lors d'un entretien télévisé. Le président des États-Unis estimait alors que des pourparlers seraient " bons pour [les Iraniens], bons pour [les Américains], bons pour le monde entier ".

"Si vous êtes un ennemi et que vous poignardez quelqu'un avec un couteau, et qu'ensuite vous dites que vous voulez des négociations, la première chose à faire c'est d'enlever le couteau", a dit M. Rohani.

"Le président Rohani s'est par ailleurs dit ouvert à négocier à condition que les États-Unis prouvent d'abord leur bonne foi".

"Dignes de confiance"? "Comment peuvent-ils montrer qu'ils sont dignes de confiance?"

Donald Trump a aussitôt répondu par un communiqué résonnant comme un nouvel avertissement, rappelant qu'il restait ouvert à un accord global.

Washington dit vouloir exercer une "pression maximale" sur l'Iran à travers de nouvelles sanctions, mises en place à partir du 7 août et au mois de novembre. Le pays mené par Donald Trump a alors menacé de sévir contre " tout autre pays qui aide l'Iran dans sa quête d'armes nucléaires ". Toutefois la semaine dernière, le président américain a créé la surprise en affirmant être prêt à rencontrer les dirigeants iraniens "quand ils veulent". "Soit il change son attitude menaçante et déstabilisatrice, et il pourra retourner dans le giron de l'économie mondiale, soit il continue sur la route de l'isolement économique". Ces premières sanctions toucheront les transactions financières en dollars américains, le commerce de l'or et des métaux précieux, le commerce des graphites et des métaux ainsi que les achats dans les secteurs de l'automobile et de l'aviation commerciale.

Pour que Téhéran "change de comportement". Il reproche notamment à Téhéran son soutien au dirigeant syrien Bachar al-Assad, aux rebelles Houthis au Yémen ou encore au Hamas à Gaza et au Hezbollah libanais.

L'Union européenne déclare "regretter vivement" le rétablissement à venir des sanctions américaines contre l'Iran.

"Depuis une semaine, il y a des manifestations dans plusieurs villes du pays, y compris dans la capitale Téhéran même s'il y a une très forte mobilisation policière, relate le spécialiste. On constate que les manifestants commencent avec des slogans d'ordre économique mais on s'oriente très rapidement vers des slogans de type politique, on franchit les lignes rouges et le nom de l'ayatollah Khamenei, le Guide suprême, revient assez souvent".

"La levée des sanctions liées au nucléaire est une partie essentielle de cet accord: elle vise à avoir une incidence positive non seulement sur les relations commerciales et économiques avec l'Iran mais également et surtout sur la vie du peuple iranien", précisent les Européens.

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