La Russie réagit aux sanctions américaines — Nucléaire iranien

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"Aujourd'hui, le monde entier a déclaré qu'il n'était plus en phase avec la politique américaine contre l'Iran", a indiqué Mohammad Javad Zarif dans un discours, cité par l'agence de presse semi-officielle Isna. Elle comprend des blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières, ainsi que des mesures pénalisantes sur les achats dans le secteur automobile et l'aviation commerciale.

Le site d'information de la chaîne NBC News rappelle pour sa part que l'Iran n'est pas prêt à courber l'échine face à Washington et qu'il dispose de moyens de pression qui pourraient se révéler efficaces, notamment face à une seconde série de sanctions qui doit être appliquée début novembre, contre les exportations iraniennes de pétrole.

Ces mesures risquent de lourdement peser sur une économie déjà à la peine, qui souffre d'un taux de chômage élevé et d'une nette inflation.

Les mesures américaines ont suscité la colère des Européens, signataires de l'accord, qui se disent déterminés à sauver le texte même si de nombreuses entreprises occidentales voient leurs liens commerciaux avec l'Iran compromis par les sanctions.

Une proposition rapidement qualifiée d'"insensée" par le président iranien Hassan Rohani qui a accusé Washington de "vouloir lancer une guerre psychologique contre la nation iranienne".

Lundi, le Président Trump a signé un décret réinstaurant un certain nombre de sanctions à l'encontre de l'Iran, en affirmant chercher à imposer une "pression économique maximale" sur la République islamique. "Les Iraniens sont mécontents, pas envers les États-Unis, mais envers leur propre direction", a-t-il dit.

Il avait aussi sommé les dirigeants iraniens de changer leur "attitude menaçante et déstabilisatrice" pour retourner "dans le giron de l'économie mondiale". Mais Donald Trump a aussi souligné qu'il restait "ouvert" à un "accord plus global qui concernerait l'ensemble de ses activités néfastes, y compris son programme balistique et son soutien au terrorisme". Il reproche entre autres à ce pays son soutien au président syrien Bachar el-Assad, aux rebelles au Yémen ou encore au Hamas à Gaza et au Hezbollah libanais. "Cela symbolise une détermination à freiner l'agression régionale de l'Iran, et son intention de se doter de l'arme nucléaire".

En se retirant de l'accord, les États-Unis en avaient profité pour réinstaurer les sanctions infligées à l'Iran avant la signature. M. Trump critique fortement cet accord alors que les Iraniens le défendent bec et ongles. "Si vous êtes un ennemi et que vous poignardez quelqu'un avec un couteau, et qu'ensuite vous dites que vous voulez des négociations, la première chose à faire c'est d'enlever le couteau ", a résumé le président.

Le président iranien a précisé que son pays "avait toujours fait bon accueil à des négociations", mais que les États-Unis devaient d'abord prouver leur bonne foi, en revenant à l'accord nucléaire de 2015.

"Dignes de confiance"? "Comment peuvent-ils montrer qu'ils sont dignes de confiance?" En échange, il prévoyait la levée des sanctions économiques contre Téhéran.

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