Affaire Benalla: ce que le couple agressé a dit à la police

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L'avocat des deux personnes que l'on voit se faire molester par Alexandre Benalla dans une vidéo le 1er mai à Paris affirme, mardi 7 août sur franceinfo, que "M. Benalla a menti, dans le cadre de la procédure, mais également devant les médias".

Pourtant, le couple de manifestants de la place de la Contrescarpe, victime des coups d'Alexandre Benalla le 1er mai, n'aurait pas provoqué de violences "graves" et "répétées" contre les CRS ce jour-là, ni cherché à dissimuler son identité selon des informations du Monde. C'est ce qu'ont indiqué deux services de police différents au procureur de la République de Paris, François Molins. Quant à sa compagne, une jeune graphiste, elle a présenté ses papiers au commissaire en civil qui encadrait "l'observateur" Alexandre Benalla. Cette version contredit les déclarations du préfet de police Michel Delpuech devant la commission de l'Assemblée nationale.

Le 25 juillet, François Molins demandait à la direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne, M. Dupuch, de "préciser" pourquoi ces deux trentenaires "n'avaient pas été mis en cause pour les faits commis contre les forces de l'ordre ce jour-là". Le jeune couple est l'objet d'une enquête préliminaire depuis juillet. Celles-ci ne concernent cependant pas les agissements de l'ancien chargé de mission de l'Elysée ou de son accolyte salarié de LREM Vincent Crase, mais bien des informations recueillies sur le couple molesté place de la Contrescarpe. Mais ce soir-là, "la priorité [avait] été donnée aux individus suspectés d'avoir participé aux actions les plus violentes, porteurs d'armes, de vêtements noirs, foulards, accessoires de dissimulation, c'est-à-dire les potentiels membres des blacks blocs", précise-t-il. Or, le 25 juillet, face à la commission des lois de l'Assemblée nationale, le préfet de police Michel Delpuech avait expliqué que les deux trentenaires "n'avaient pas de papiers sur eux" et avaient "déclaré de fausses identités". "Pour les autres, si aucun antécédent n'apparaissait (infractions de violences volontaires graves ou répétées" à l'encontre de la police ou "atteintes particulières ou dangereuses"), pas de poursuites. Certes, l'une des fiches d'interpellation mentionne un "jet de projectiles (deux bouteilles de bière)" vers un CRS, mais il est précisé que l'agent visé "ne dépose pas plainte".

Le patron de la DSPAP note aussi dans son courrier que les événements place de la Contrescarpe "ne revêtaient pas la même intensité", tandis que le couple n'était pas inscrit dans le fichier d'antécédents judiciaires de la police et la gendarmerie.

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