Lula officiellement candidat, depuis sa prison — Brésil

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En l'absence de l'idole de la gauche, qui purge depuis quatre mois une peine de douze ans et un mois de prison pour corruption passive et blanchiment d'argent. L'officialisation de la candidature de Lula, pour briguer un troisième mandat, est une façon "d'affronter un système pourri", a affirmé Gleisi Hoffmann, présidente du PT, au moment d'annoncer la désignation de Lula.

"Aujourd'hui, notre démocratie est menacée, a-t-il dit dans une lettre lue devant des centaines de militants vêtus de tee-shirts rouges". Mais son visage souriant avec son éternelle barbe était partout, notamment sur des masques en carton distribués aux quelques 2.000 militants survoltés massés dans une salle du quartier japonais de la plus grande ville du Brésil.

Cette journée était un "super samedi" électoral, trois candidats de poids étant officiellement nommés par leur parti, un jour avant la date limite des conventions, sortes de grands meetings qui permettent aux formations d'adouber leurs champions devant les militants.

Toujours dans la capitale, l'ex-gouverneur de Sao Paulo Geraldo Alckmin, principal représentant de l'establishment, sera déclaré officiellement candidat du Parti Social Démocrate Brésilien (PSDB, centre-droit).

Mais c'est sur Sao Paulo que sont braqués tous les projecteurs, à la convention du PT, qui tentera de faire front derrière Lula, même si sa candidature a de grandes chances d'être invalidée par la justice électorale.

Toutefois, dans le même communiqué, Luiz Fux du TSE a clairement indiqué qu'il considérait " évidente " l'inéligibilité de l'ancien chef d'Etat, qui, malgré tout, est placé en tête avec 33% d'intention de vote dans tous les sondages réalisés au Brésil, pour les futures élections présidentielles. C'est près du double de ses principaux concurrents.

Passage de flambeau? Même si le parti se défend catégoriquement - du moins ouvertement - de préparer un plan B, en coulisses, personne n'ignore que la candidature de Lula sera vraisemblablement invalidée par la justice électorale.

"Il n'y a pas de plan B, la situation est imprévisible".

"Je suis candidat en quête d'un mandat qu'on peut résumer en une phrase: nous allons changer le Brésil et rendre au Brésil la dignité qui lui a été volée", a affirmé le candidat de centre-droit. La course au vice-président De son côté, Marina Silva a déjà choisi son colistier, un autre écologiste, Eduardo Jorge, du Parti vert (PV), qui avait obtenu seulement 0,61 % des voix au premier tour de la présidentielle de 2014.

Le leader du parti des Travailleurs (PT, gauche), qui a gouverné le Brésil de 2003 à 2010, se dit innocent et victime d'un complot pour l'empêcher de se présenter à l'élection présidentielle d'octobre, pour laquelle il est crédité, selon les sondages, de 30% des voix. L'ex-gouverneur de Sao Paulo a également choisi pour son ticket, en tant que vice-présidente, la sénatrice Ana Amélia Lemos, censée lui permettre d'attirer un électorat plus conservateur qui penche actuellement pour Jair Bolsonaro, sulfureux député d'extrême droite favori du premier tour dans un scénario sans Lula.

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