Vincent Humbert, le combat d’une mère

Share

Réanimé contre sa volonté, le jeune homme reste tétraplégique, muet et pratiquement aveugle. Après deux ans et demi de procédure judiciaire, un non-lieu général est prononcé mais le débat sur la fin de vie est déjà largement relancé.

Marie Humbert, qui avait aidé son fils Vincent, tétraplégique, à mourir en 2003 et relancé le débat sur la fin de vie, est morte à 63 ans à Evreux, dans la nuit de samedi 4 août à dimanche 5 août, a appris franceinfo par Jean-Luc Romero, le président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), confirmant une information de RTL.

Vincent Humbert prisonnier de son lit d'hôpital, c'est l'image d'un combat, de son combat et celui de sa mère Marie pour le droit de mourir. Le duo apprend petit à petit à communiquer autrement: tandis que Marie récite l'alphabet, Vincent compose des mots par de légères pressions du pouce dans la paume de la main de sa mère.

Vincent Humbert avait été hospitalisé en septembre 2000 au CHU de Rouen avant d'intégrer le centre Hélio-Marin de Berck-sur-Mer. "Je ne peux vous apporter ce que vous attendez", lui avait répondu le chef de l'Etat.

Commence alors un parcours sinueux et médiatique: un journaliste de RTL prête sa plume à Vincent, qui souhaite raconter son histoire. "Il y a trente ans, les femmes partaient en Angleterre se faire avorter, disait-elle à Libération en 2004. Aujourd'hui, des mamans font des emprunts pour aller en Suisse faire mourir leurs enfants".

Marie Humbert en 2006.

Marie Humbert finit par exaucer elle-même le souhait de son fils. Son geste avait lancé le débat sur la fin de vie en France, donnant lieu à la première loi Leonetti en 2005. L'affaire a par la suite inspiré la loi Leonetti, qui a instauré "un droit au laisser mourir" sans permettre l'euthanasie active. Vincent avait alors été plongé dans le coma et c'est finalement le docteur Frédéric Chaussoy qui avait débranché son respirateur. Elle a eu une décision extrêmement courageuse: "il n'y a rien de plus dur pour une mère que de donner la mort à son fils ", a déclaré dimanche à l'Agence France-Presse le Dr Chaussoy. Marie Humbert, refusant la situation insoluble, l'avait aidé à mourir en lui administrant de fortes doses de barbituriques le 26 septembre 2003, par amour pour son enfant, défendait-elle.

Share