Le nombre de verres d'alcool dangereux pour le cerveau — Démence

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Les conclusions d'une nouvelle étude coordonnée par l'Inserm montrent que la consommation excessive d'alcool à long terme est associée à une augmentation du risque de démence. "Ces résultats incitent à préconiser des seuils plus bas de consommation pour favoriser un meilleur vieillissement cognitif".

L'objectif de l'étude était d'examiner l'association entre la consommation d'alcool et le risque de démence.

Pour parvenir à ce résultat, 9 087 fonctionnaires britanniques nés entre les années 1930 et 1950 ont été suivis par des chercheurs. Selon l'Inserm, cela "s'explique en partie par un risque plus important de maladies cardiométaboliques (groupe de pathologies incluant l'accident vasculaire cérébral, les coronaropathies et le diabète)".

La démence touche 5 à 8% des plus de 60 ans dans le monde, soit 50 millions de personnes, d'après l'Organisation mondiale de la santé. Et il s'avère que ceux qui déclaraient ne jamais avoir bu d'alcool entre la trentaine et la cinquantaine ont couru un risque 47% plus élevé d'être atteints par cette maladie, par rapport à ceux qui buvaient de l'alcool dans la limite recommandée des 1 à 14 unités d'alcool par semaine. L'âge moyen au moment du diagnostic de la démence était de 76 ans.

Dans un modèle ajusté pour tenir compte des facteurs sociodémographiques, l'abstinence d'alcool est associée à un risque accru de démence de 17 à 89 %, avec une moyenne de 47 % par rapport à ceux qui consomment de 1 à 14 unités/semaine.

"Nous, comme d'autres, avons observé un risque accru de démence chez les abstinents alcooliques, sujet qui a suscité beaucoup de débats".

Surtout, "en aucun cas, les résultats observés chez les abstinents ne doivent encourager les personnes ne buvant pas à commencer à boire de l'alcool", affirme Séverine Sabia, de l'Institut national de la santé et la recherche médicale. Pour rappel, Santé Publique France recommande de ne pas consommer plus de dix verres par semaine. Ces recommandations sont désormais valables indifféremment pour les hommes et les femmes. L'étude, qui fait une observation statistique, n'établit pas de lien de cause à effet.

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