Trump et Juncker d'accord pour négocier et réduire les tensions commerciales

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Les États-Unis et l'Union européenne sont parvenus à un "accord", a indiqué Jean-Claude Juncker tandis que Trump a dit que les deux parties voulaient aller vers "zéro tarifs douaniers" dans leurs échanges industriels, exception faite du secteur automobile.

Alors que l'Union européenne est, depuis le 1er juin, sous le coup de taxes douanières punitives américaines de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium, Steven Mnuchin a reconnu que "le premier dossier" à régler était précisément celui concernant les taxes sur l'acier et l'aluminium et les représailles européennes qui ont suivi. Estimant que les relations entre Washington et Bruxelles avanceraient dans "une nouvelle phase", il a annoncé qu'un groupe de travail serait aussitôt mis en place. Donald Trump a menacé de franchir un nouveau cap en l'absence de concessions de la part de l'Europe, en imposant des droits de douane sur les importations de voitures européennes, ce qui aurait de graves conséquences particulièrement l'Allemagne, où ce secteur clé emploie quelque 800 000 personnes. Jean-Claude Juncker a annoncé avoir " conclu un accord " avec Trump.

Assis à ses côté, le locataire de la Maison Blanche a dit s'attendre à quelque chose de "très positif" de la rencontre avec M. Juncker, "un homme très intelligent et un homme très dur".

Car si ce cessez-le-feu éloigne temporairement la menace trumpienne de taxer lourdement les importations d'automobiles européennes à la satisfaction d'Angela Merkel, la volte-face du président américain intervient surtout dans un contexte de contestation intérieure croissante de sa croisade commerciale.

Après des semaines de tensions croissantes, le président américain a annoncé s'être entendu avec le chef de l'exécutif européen pour que les deux blocs travaillent à l'abaissement des barrières commerciales.

Au même moment, depuis Johannesburg, le président chinois Xi Jinping lançait une mise en garde à son homologue américain, soulignant que personne ne sortirait "vainqueur" d'une guerre commerciale.

"Nous allons travailler étroitement ensemble avec des partenaires partageant nos idées pour réformer l'OMC et s'attaquer au problème de pratiques commerciales déloyales incluant le vol de la propriété intellectuelle, le transfert forcé de technologies, les subventions industrielles, les distorsions créées par les entreprises d'État et la surcapacité", a déclaré le président américain.

Washington doit calmer sa rhétorique et cesser de brandir les droits de douane comme une protection de sa sécurité nationale, réclame le président de la puissante Fédération des industries allemandes.

Un résultat qui a accessoirement permis à Jean-Claude Juncker, 63 ans, d'éclipser la controverse autour de son attitude lors d'un dîner récent avec les 29 dirigeants de l'Otan, qui avait alimenté les commentaires sur une possible ébriété du patron de la Commission.

"Je ne pense pas que les tarifs douaniers soient la bonne réponse", avait lâché mardi le chef des républicains à la Chambre des représentants, Paul Ryan.

Il a été chargé de remettre un rapport dans 120 jours, donc fin novembre, soit après les importantes élections de mi-mandat qui auront lieu le 6 novembre aux Etats-Unis.

L'UE répondra à toute provocation venant des États-Unis sur le commerce ou sur d'autres sujets, a prévenu le président de la Commission européenne avant son voyage à Washington la semaine prochaine.

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