Les zones d'ombre qui perdurent — Affaire Benalla

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Le Président Macron a affirmé hier, devant des ministres et des députés de la République en Marche, que les faits qui s'étaient produits le 1er mai étaient une "trahison" et que le seul responsable de la situation était lui-même.

Mais en tant que "collaborateur de l'Elysée, je ne le referais pas", ajoute-t-il, consentant "peut-être" qu'il aurait "dû rester en retrait" de la scène, dans cet entretien donné au journal qui a révélé l'affaire il y a une semaine. "Les faits, je les assume, je ne suis pas dans la théorie du complot, c'est la réalité", lâche-t-il, non sans estimer qu'il est le "maillon faible" pour y parvenir. Sur ce qui s'est passé après, je suis beaucoup plus réservé.

Ne niant pas être au cœur de règlements de comptes internes à la police, Alexandre Benalla est catégorique: "Il y avait en premier une volonté d'atteindre le président de la République, c'est sûr et certain", poursuivant: "Il y a énormément de gens qui se frottent les mains en se disant "ça y est, on s'est débarrassé de lui, il ne va plus nous emmerder, c'est fini". C'est une façon d'attraper le président de la République par le colback. "On a essayé de m'atteindre, de me 'tuer', et c'était l'opportunité aussi d'atteindre le président de la République". Et Alexandre Benalla de livrer une première conclusion tirée de ses interrogations: "Les gens qui ont sorti cette information sont d'un niveau important". Et je ne pense pas (au ministre de l'Intérieur Gérard) Collomb en qui j'ai confiance, je ne suis personne pour lui. "Il y a des gens qui travaillent autour de lui qui auraient pu". Selon le commandant militaire de l'Elysée, l'objectif exprimé par Alexandre Benalla le 1er-Mai était " d'observer les modes opératoires des Black blocks ".

Alexandre Benalla accuse, dans une interview au Monde jeudi, le directeur de l'ordre public de la préfecture de police de Paris, Alain Gibelin, d'avoir menti en affirmant n'avoir appris sa présence à la manifestation du 1er mai que le lendemain. Il évoque également les conditions de son recrutement par la présidence: "Un contrat sur toute la durée du mandat, donc cinq ans, rémunéré 6000 euros net, c'est le salaire de tous les chargés de mission". "Je dois m'occuper des affaires privées du président de la République, parce qu'il a une vie à côté de ses fonctions, avec Brigitte Macron, celle d'un Français normal", détaille-t-il.

Dans un entretien, exclusif au Monde, publié ce jeudi 26 juillet, Alexandre Benalla, qui a fait les gros titres de la presse française et étrangère revient sur sa "grosse bêtise". Aussi, la carte d'accès à l'hémicycle de l'Assemblée est "un caprice" car il "aime aller à la salle de sport de l'Assemblée". "Tout le monde comprend que c'est à l'Elysée que se situe le problème". Il me dit: 'J'ai vu Alexis Kohler [secrétaire général de l'Elysée], on va vous mettre quinze jours de suspension sans traitement et on verra quelles seront vos fonctions quand vous rentrerez.' Quelques jours après mon retour, à l'occasion d'un événement dans le palais, il me prend à part et il me dit les choses.

Les accusations de l'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron, mis en examen pour avoir frappé deux manifestants, corroborent les propos tenus mercredi devant la commission d'enquête de l'Assemblée par le général Éric Bio-Farina. "C'est même la deuxième fois qu'il ment", explique le collaborateur d'Emmanuel Macron. L'Elysée avait démenti, et M. Gibelin avait rectifié son propos en expliquant qu'il avait cru que la députée (Rassemblement national) l'interrogeait sur la période comprise entre le 2 mai et le 18 juillet.

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